«Paris doit trouver son propre modèle plutôt que d’imiter..» :
Paul Chemetov a coprésidé le conseil scientifique chargé de superviser le travail des dix équipes d’architectes consultés en 2008 sur le Grand Paris. Pour lui, la réflexion doit se poursuivre
La Croix : Le concept de « Grand Paris » est-il propre à faire rêver ?
Paul Chemetov : Dans la notion d’agglomération parisienne, on ne peut pas oublier Paris. Quand un habitant de banlieue est à l’étranger, il se définit d’ailleurs le plus souvent comme Parisien.
Cela dit, même si l’adjectif « grand » donne à l’expression toute sa force, il traduit aussi l’écrasement de tout ce qui n’est pas la capitale intra-muros. On devrait donc plutôt parler de la métropole parisienne. Ou de Paris Métropole.
Le sujet intéresse-t-il vraiment les Franciliens ?
Oui. L’exposition au Palais de Chaillot du travail des équipes d’architectes qui ont travaillé sur la question a attiré plus de 200 000 visiteurs, alors qu’elle était, disons, quelque peu ésotérique. Et un récent sondage dans la revue Beaux Arts a montré que le sujet tient à cœur aux habitants de Paris et d’Île-de-France. Cela dit, on peut comprendre leur déception.
Pourquoi ?
Le discours que le président de la République a tenu en avril 2009 sur le Grand Paris était remarquable. Il évoquait la réconciliation de la capitale et de ses banlieues. Comme le dit Richard Rogers, l’un des dix architectes de la consultation : Paris est la seule métropole au monde dont les membres sont disjoints de son cœur.
Nicolas Sarkozy ne résumait pas le défi du Grand Paris à une ligne de métro automatique. Or (...) Christian Blanc, se limite à cela. On ne répond pas ainsi à la situation complexe de la métropole qui englobe les transports, les logements, le travail ou encore les équipements, dont les espaces verts...
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